Résidence du collectif Zavtra

Janvier et juin 2021 / le collectif en résidence d’écriture à Obro.

«  Mon dieu, dans quel monde vivons-nous ? » Vous nous répondriez, et vous auriez raison, parfaitement raison même, «C’est quoi cette question, oh ? Croyez-vous, vraiment, naïvement, que personne ne se la pose ? » vous nous diriez, à juste titre. Si, si, bien sûr, tout le monde se la pose, on est d’accord. 
Si, si, on est d’accord… 
Ce n’est pas « être ou ne pas être », ce n’est plus « être ou ne pas être », LA question, c’est « mais pardon…, hein, mais, euh… dans quoi on a atterri » ? Il est où Hamlet ? Elle est où Ophélie ? Il est où l’amour ? Ils sont où les espaces où on se retrouve la nuit ? Ils sont où les instants où on se sent sur la même terre ? Il est où le savoir ? Ils sont où Deleuze, Foucault ou Derrida ? Sylvia Plath, Hannah Arendt et Simone Weil ? Elles sont où les facultés populaires ? Ils sont où les campus où on apprend à vivre, où apprendre fait vivre ? Où avoir un cartable rempli de cours rime avec jouissance de vivre ? Elle est où la curiosité ? La débrouillardise ? L’intelligence critique ? La course folle dans les forêts ? Le professeur de philosophie de terminale qui vous fait rentrer dans l’âge adulte parce qu’il parle d’un soleil qu’à la couleur d’une orange ou d’un éternel retour qui d’un coup fait vibrer votre corps d’enfant et fait que vous regardez vos parents comme des êtres uniques et merveilleux ? Qu’est-ce qu’on fait de ça ? De ces souvenirs de gosses ? De ces éternels ? De ces éternelles ? De ces premiers baisers ? De ces fêtes où on se met nus jusque parce que c’est beau les peaux ? De l’art au niveau des vies ? Des masques de vérité ? Des immensités ? Des voyages qui font les êtres ? Des incertitudes ? Des mauvais côtés ? Des noirceurs pleines de lumières réelles ? C’est quoi cet endroit où notre naissance a eu lieu ? Il est bizarre… Étrange… Un peu obscur… J’y vois pas grand chose. C’est où la lumière ? 
Vous pouvez arrêtez le monde, je voudrais descendre ? Vous pouvez vraiment pas arrêtez le monde de tourner et le temps de faire son affaire, vraiment, je me sens mal, j’ai envie de vomir, je me sens pas bien, j’ai la tête qui tourne, j’ai le corps qui dit merde, j’ai le corps pas droit et les pas qui savent pas s’ils veulent aller à droite ou à gauche, c’est où la gauche ? Et puis j’ai la chaussure trouée, puis j’ai un caillou dans l’autre, et mon cerveau il s’est pas reposé depuis des lustres, depuis Noël dernier où tonton il a dit que les noirs « quand même, ils ont une odeur… » 
(« Putain »), c’est quand qu’on se retrouve ? Qu’on a pas peur de transpirer ensemble ? D’avoir peur comme des loups.louves ? De se sentir l’être ? De se dire de la poésie en pleine face ? De célébrer la vie qui passe pendant qu’on réfléchit ? De convoquer nos morts pour qu’ils dansent des rondes avec nous, sur des logorrhées de valses tangos étreintes boléros et autres trompettes, tubas, bassons, et flûtes merveilleuses.
Sur des voix qui nous disent qui on est. 
Sur des vers qui parlent à nos corps. 
Sur des femmes qu’on a trop longtemps oublié.

Sur l’histoire qu’on a le droit de ré-inventer.
Sur l’histoire qu’on re-dessine. »

A propos des artistes

Le collectif ZAVTRA, implanté à Limoges, existe depuis 2014. Zavtra, « Demain » en russe, est un collectif issu de la septième promotion de l’Académie – École Supérieure Professionnelle de Théâtre du Limousin dirigée alors par Anton Kouznetsov.
Le collectif inscrit ses activités aussi bien dans un rayonnement local : « Nous tous » en partenariat avec le festival des Francophonies en Limousin, « Tendre est la nuit du voyageur » spectacle déambulatoire sur l’histoire et le patrimoine de Limoges en partenariat avec l’office du Tourisme ; que national : « Il était une fois un pauvre enfant », « Notre petite ville », « Frida K Variation », ou international : « Trans… » (création franco-congolaise).
Sans directeur attitré, il offre un arc en ciel d’univers théâtraux, d’esthétiques artistiques, terreau qui place l’humain au cœur de ses recherches.
Le collectif base son fondement sur cette collégialité. C’est une tentative, un chemin vers, une réponse vivante et mouvante au monde dans lequel nous vivons. Il s’agit d’ouvrir un champ de réflexion sensible, de placer chacun, membres du collectif ou spectateur.trice.s dans une position de déséquilibre, de recherche, de présent. Être des femmes et des hommes, dans l’ici et maintenant.
Ses 15 membres fondateurs sont tous acteur.ice.s. C’est dans les différences, les univers et les compétences de toutes et tous que le collectif trouve sa force.
Il n’y a pas UN metteur en scène référent, mais plusieurs, selon les projets et les envies.
Il s’agit, alors, de penser et d’expérimenter des modes de fonctionnement différents et de ne pas créer une compagnie exclusive et fermée.

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