Sortie de résidence de Carine Desset, Nelly Mousset et Mélanie Jolly / collectif Zone d’Appui Provisoire

10 décembre 2022 à 20h / La contrebassiste et les deux danseuses proposent une sortie de résidence pour leur projet Déroutes.

Cette résidence bénéficie du dispositif sélectif de résidences aidées.

À partir de récits auto-fictionnels et d’improvisation en mouvement et son.

Parler de soi, un peu, beaucoup, avec fiction, engouement et inhibition. Faire de la situation un jeu à plusieurs, pris dans les souvenirs. Ceux que l’on oublie, mais qui nous fabriquent, ceux qui nous arrêtent, nous détournent. Ceux qui se frottent avec le présent, avec évidence, grossièreté, beauté et urgence.

« Peut on bouger à partir d’un souvenir et rester encore dans le présent ?… Peut on renoncer à nos attentes et se rencontrer dans des champs vibratoires inconnus, réels ou imaginés ? »

Ce projet résulte de la rencontre de trois improvisatrices, de trois soli s’inscrivant dans le mouvement de la performance et de la composition en temps réel, s’inspirant de récits intimes.

Pour cette première expérience de présentation publique, elles tentent de donner à voir un processus de travail en cours où les soli s’entremêlent, se soutiennent, dissonent…

« L’intérêt d’une performance improvisée réside dans l’observation des relations, des choix des performeurs, qui créent une composition qui peut être transformée à chaque instant par chacun, au contraire d’une chorégraphie interprétée.
Le spectateur regarde activement un processus plutôt qu’un objet et est invité à partager les risques, les plaisirs et les déceptions de voir, naître et disparaître des formes uniques et éphémères. »
Risquer le vide, One shot, Mark Tompkins 1998

Quelques mots sur les solis :

Carine Desset / C’est quoi ce bordel ?

Entre révolte et impuissance, Carine Desset expérimente ce corps, soumis à des contraintes dont il faut se dépêtrer, auxquelles il s’agit de s’adapter. L’imaginaire des spectateur·rices est stimulé par ces traces, parfois fugaces, de personnages, hommes ou femmes, submergé·es ou battant·es, fragiles ou imposant·es.

Le vécu est corporel, immédiat, sensible et se donne à voir comme une expérience.

Mais ce qui se raconte est au-delà, dans la métaphore du monde et ses situations inextricables qui nous surprennent ou nous terrassent. Ce « bordel ».

Nelly Mousset / Gravité

Ce qui se raconte à travers son jeu avec l’instrument, c’est la relation, le rapport entre deux corps où les identités se brouillent.

La relation est faite d’amour et d’interdépendance. Elle est complexe. Elle parle de toutes les relations, avec les joies, les douleurs, les tensions et les moments de grâce.

Et le son ? C’est comme le point commun dans l’expression, les paroles, les confidences qui viennent du plus profond de ces deux êtres et qui nous sont livrées avec pudeur, douceur ou explosion.

Mélanie Jolly / Paroles

A travers le mouvement, Mélanie Jolly nous livre un récit. Il y est question d’impossibilité à dire, de censure et de tabous. Dans le travail de l’improvisation, elle expérimente comment la libération de la parole, du non-dit peut permettre au corps d’emprunter de nouveaux chemins. Et inversement. Comment le corps en mouvement peut aider à libérer la parole.

A propos des artistes

Carine Desset

Elle découvre à 3 ans la salle de danse classique, odeurs et couleurs, tutus et chaussons. À l’adolescence, elle ressent le besoin de quitter les pointes, et se laisse emmener vers la danse contemporaine, où un espace d’expression plus singulier apparaît.

Elle poursuit avec un cursus au CNR de Poitiers en danse contemporaine, ainsi que des études en psychologie, intéressée par la question de l’intime, du corps et du langage.

Elle devient psychologue et danseuse ; elle s’oriente vers la psychanalyse, qui lui offre la possibilité de penser la danse, mais aussi le corps, dans sa multiplicité et son histoire.

Elle se forme en composition en temps réel auprès de Julyen Hamilton, Lisa
Nelson, Claire Filmon, Barre Philips…joue avec des musiciens et des danseurs.
Elle prend goût à la transmission, et à la recherche entre « art et soin ». Elle fait partie du Collectif Zone d’Appui Provisoire, de l’association Ortanz (improvisation en musique et danse, Limoges). Elle travaille régulièrement avec le Centre culturel La Mégisserie (Saint-Junien, 87) pour des projets pédagogiques, et avec l’hôpital psychiatrique de Tulle.

Nelly Mousset

Depuis une dizaine d’années, Nelly explore sa contrebasse de haut en bas, à bras- le-corps, toute voix dehors.
À l’affût de l’infime, de la moindre modulation du son, elle se glisse dans l’instant et engage alors avec son instrument un dialogue corporel unique, une relation intime et primitive qu’elle remet sans cesse en jeu, sans cesse en joue.

C’est un chemin qu’elle arpente au fil des rencontres et des expériences avec une
question permanente, sans cesse renouvelée : qu’est ce qui touche et rentre en
vibration ? Qu’est ce qui nous émeut, et nous fait se mouvoir, nous fait prendre une direction ? Donner toute sa place au sensible, faire avec l’indicible et laisser place à la poésie.

Elle performe en solo et avec différents projets au sein du Pocollectif (86) et du Collectif Zone d’Appui Provisoire.
Elle collabore également avec l’artiste visuel Nemanja Delja pour des performances et des installations sonores.
Elle mène également des actions pédagogiques depuis quelques années avec l’association Ryoanji et le festival Le bruit de la Musique (23). Elle affectionne les projets transversaux et intègre différents projets d’Einstein on the Beach (33).

Mélanie Jolly

Danseuse et pédagogue au sein du Collectif Zone d’Appui Provisoire, Mélanie Jolly se passionne pour l’improvisation et le Contact Improvisation depuis presque 20 ans (stages auprès de Claire Filmon, Nancy Stark Smith, Andrew De Lotbinière Harwood, etc.).

Elle se forme en Eutonie Gerda Alexander® de 2013 à 2018.
Elle y trouve l’essence de ce qui la passionne depuis tant d’années : une connaissance toujours plus approfondie de soi à travers le corps et le mouvement. Elle y précise son intérêt pour la conscience corporelle comme source d’expression dansée, et affine ses qualités pédagogiques pour accompagner chacun dans la relation à son corps et aux autres.

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